Jeudi 29 Janvier 1998.

La « Victoire » en chantant

D'un de nos envoyés spéciaux à Paris Son et lumière, « olas », émotion et ferveur : le Stade de France a vécu, hier soir, son premier événement. Malgré le temps glacial, la fête inaugurale avait déjà un parfum de Mondial. D'abord, la lumière disparut. Puis vint le son. Enfin, l'image. Suspendu à un filin, le petit jardinier est venu arroser la pelouse si décriée. Puis, dans un tourbillon éblouissant, les danseurs professionnels, élastonautes d'un soir suspendus au-dessus de cet étrange vaisseau qui semblait venu de nulle part et s'être posé là par hasard, et les figurants, tous des jeunes de la Seine Saint-Denis, se sont succédé, complétés et unis dans une chorégraphie d'avant-garde pour un spectacle superbe. Decouflé revisité Certes, s'il en avait l'allure, s'il voulait en cultiver l'esprit, le spectacle inaugural du Stade de France n'a jamais atteint les sommets gravis par Decouflé à Albertville. Il n'en avait d'ailleurs ni l'ambition ni les moyens. Ce fut une belle fête, chaleureuse, chargée d'émotion. Musique d'avant-garde, technologie d'une extrême modernité, avaient largement contribué à cette envolée vers le futur... Béatrice Hess avec Platini, Douillet et Prost... Il ne restait plus alors qu'à couper le ruban. Un ruban géant, bleu, blanc, rouge, couleurs obligées, tenu par 23 champions d'exception. Une formidable brochette, conduite par Béatrice Hess, la Colmarienne, dont la complicité avec le président Chirac n'avait échappé à personne. La nageuse alsacienne qui avait glané six médailles d'or à Atlanta, côtoyait, entre autres, Alain Prost, David Douillet, Jean-Claude Bouttier, Guy Drut, Jeannie Longo, Alain Calmat ou Stephan Caron. Excusez du peu... « Victoire » Des tribunes montaient les premières « olas » de l'histoire du Stade de France. Le ruban géant, coupé par deux jeunes Dyonisiens, sera accompagné vers la sortie par ces légendes vivantes du sport français, aussitôt accueillies au bord de la pelouse gelée par Jacques Chirac. Le moment était venu pour Liane Foly, tout de blanc vêtue, d'entonner l'hymne au Stade de France dont elle a composé le texte et la musique. Un hymne intitulé « Victoire », un titre prédestiné...

Jean-Claude Frey © Dernières Nouvelles D'Alsace,

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