Mercredi 3 Février 1999.

« Un sportif n'est pas un robot »

 

Présente à Lausanne pour accueillir les athlètes partis de France pour réaffirmer leur volonté de ne pas recourir au dopage, Béatrice Hess appuie ces idées. « Il faut prendre cette course sur Lausanne comme un symbole. La France, plus que toute autre nation, dit non au dopage... » Convaincue de la nécessité de « mondialiser » la lutte contre ce fléau, Béatrice Hess, qui représentait la fédération handisport, a répété son message. « Le sport ne doit pas transformer des gens sains en les rendant malades. Avec cette action, la France sportive a placé le CIO devant ses responsabilités. Toute seule, la France ne pourra rien faire... » Ce que demandent les sportifs français (« Nous ne sommes pas épargnés par le dopage... »), Béatrice Hess le rapporte. « Il faut que tous les pays luttent ensemble et mettent leurs moyens scientifiques ensemble pour résoudre ce problème. Le CIO est, à mes yeux, l'organisme international le plus approprié pour rassembler ces énergies et ces moyens. » « Ce piège parfois mortel » Béatrice Hess, bavarde et consciencieuse, ne pointe pas un doigt accusateur vers les sportifs dopés (« Il faut, aujourd'hui, les aider à sortir de cette spirale »), mais parle d'éducation. « Il faut que tout le monde (spectateurs, sponsors et médias) accepte l'idée qu'un sportif n'est pas un robot. Qu'il ne peut pas toujours aller plus vite, plus haut et plus loin. Qu'il est capable de défaillances... » Un effort d'éducation à accomplir en direction des jeunes (« Il ne faut pas qu'ils tombent dans ce piège parfois mortel. ») et des acteurs économiques de la vie sportive. « Le CIO a de gros partenaires. Pourquoi ne verseraient-ils pas un pourcentage de leurs aides dans la lutte contre le dopage ? » Et même si le propos suivant de Béatrice Hess peut, à certains yeux, paraître naïf, il est surtout le reflet d'un certain idéal. « Un enfant commence le sport par plaisir. En disant non au dopage, les sportifs de haut niveau ont simplement envie de prolonger ce plaisir. »

J.-C. P. © Dernières Nouvelles D'Alsace,

Click here to print this page