Jeudi 2 Septembre 1999.

Handisports

Madame Hess s'est encore « dorée »

Elle n'en finit plus de nager. En plein bonheur. A Brunswick, lors des Championnats d'Europe, Béatrice Hess a ajouté 7 médailles d'or à sa collection. 33, 34..., 37, 38 et 39. Le compte (provisoire) est bon. « 39 ? C'est le nombre de médailles d'or que j'ai gagnées en compétition internationale, sourit Béatrice Hess qui, dans son extrême bonté, nous épargne ses breloques nationales. A Brunswick, j'ai gagné 8 médailles. 7 en or, 1 en argent. » La nageuse des SR Colmar en oublierait presque de préciser qu'elle a profité de son séjour allemand pour améliorer 3 records mondiaux. Ceux du 50 m dos, du 200 m libre et 4 nages. Avec Joris Batot, son entraîneur depuis septembre 98 (« Il est très professionnel... »), Béatrice Hess n'a pas perdu son sourire. Ni son humour. « Mon entraîneur précédent se nommait Fontaine. Avec Batot, je reste dans le domaine aquatique... » Mal au bras Ce Batot qui la pousse à s'entraîner (« C'est mon rôle de l'amener sans cesse à la piscine. Pour qu'elle soit motivée, il faut que je le sois aussi... »), même les jours pluvieux. « Joris est professionnel et motivé, raconte Béatrice avant d'éclater de rire. Malheureusement, il n'est jamais en retard. Il lui arrive même de venir me chercher à la maison à 6 h 30 le matin. » Un Joris Batot qui, étudiant à l'UFRSTAPS de Strasbourg (« Ma quatrième année... »), découvre, avec Béatrice Hess, un monde nouveau. « Grâce à elle, je découvre le sport de haut niveau. Je mets en application ce que j'apprends en théorie. Elle est un peu mes travaux pratiques. » La dernière phrase prononcée avec le sourire n'empêche pas ce jeune entraîneur d'être exigeant et ambitieux avec sa championne. « Dès septembre, nous allons reprendre sérieusement les séances. » Ce que Béatrice Hess traduit par un... « Je vais avoir encore mal aux bras. La natation, c'est du plaisir. Mais le plaisir passe par une certaine ambition. » Le plaisir d'être dans un bassin, le plaisir de toucher le mur d'arrivée avant les autres. « Nous avons allongé les séances, coupe Joris Batot. Béatrice nage, chaque fois, de 5 à 6 km. Elle a 9 séances hebdomadaires auxquelles s'ajoutent des séances de musculation. Pour améliorer sa vitesse de base. » Objectif kangourou Des doses d'entraînement énormes qui s'expliquent par deux échéances d'importance. « En janvier prochain, à la piscine de Schiltigheim, se disputeront les championnats de France, précise Béatrice Hess. Et après... » Et après ? « Objectif kangourou, éclate t-elle de rire. Les J.O. de Sydney en octobre. » Parmi 5 000 athlètes venus du monde entier, Béatrice Hess aura certaines ambitions (« Chez eux, les Australiens seront très motivés ») que Joris Batot déflore à peine. « On réserve quelques surprises. Ce devrait être un feu d'artifice. Je n'en dirai pas plus. » Béatrice Hess sait, de son côté, qu'elle va devoir multiplier les longueurs de bassin pour progresser (« La brasse et le papillon, surtout... ») et poursuivre sa carrière au plus haut niveau. « Je continuerai tant que je gagnerai. Le jour où je serai régulièrement battue, j'arrêterai. Je suis trop mauvaise perdante. » Sur ce dernier clin d'oeil, on aura compris que madame Hess, aidée de Joris Batot, n'a pas fini de gagner. Même au pays des kangourous...

Jean-Christophe Pasqua © Dernières Nouvelles D'Alsace,

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