Jeudi 22 Octobre 1998.

HANDISPORT

Objectif Sydney 2000

Six fois médaillée d'or aux championnats du monde de Christchurch, Béatrice Hess vise à présent les JO. Talent et volonté. La famille. Aristide, son mari, qui sait si délicatement rester réservé, à l'ombre, en toute vraie modestie. Et les deux enfants, dispensés d'école en cette circonstance exceptionnelle. Guillaume, 8 ans, le garçon, si fier de sa maman, lui le sportif, qui aimerait faire une « école de cirque », et Delphine, 5 ans et demi, déjà passionnée de danse. Il n'y a que ça de vrai dans la jungle du monde d'aujourd'hui. La famille qui vous manque lorsque vos obligations, sportives ou professionnelles, vous emmènent au bout du monde. La famille que l'on retrouve avec émotion. Même quand vous revenez avec 8 médailles mondiales autour du cou. Une rose à la main, le sourire aux lèvres, le visage qui s'illumine. Béatrice Hess est de retour et elle en a des souvenirs à raconter. « Trois semaines au loin. D'abord Nouméa, où on a surtout nagé. Pas le temps de faire du tourisme. Puis la Nouvelle-Zélande. Auckland et Christchurch pour les mondiaux. La compétition. Dans l'eau, on ne se fait pas de cadeau. Je suis bien respectée par mes jeunes adversaires, mais il me faut régulièrement me surpasser. Désormais, la victoire se joue au centième de seconde parfois. » Béa la gagneuse, Béa la gagnante, comme le note aussi son nouvel entraîneur, Marcel Kastler, celui qui avait propulsé Muriel Schmitt vers les titres et les records nationaux en brasse, qui a pris en été la relève de Stéphane Fontaine (un autre de ses brillants élèves) et qui avoue.« Elle s'entraîne tous les jours. Deux fois parfois. Et elle progresse ; et elle gagne, même si ses rivales ont souvent 15 ans de moins. Béatrice sait ce qu'elle veut. Avec elle jamais de problème. » Comme Longo... « Le mois prochain, j'aurai 37 ans, note B. Hess, Jeannie Longo est plus âgée et elle continue à occuper le haut du pavé. Je me sens encore capable de progresser. » A force de travail et d'enthousiasme elle saura relever de nouveaux défis, la championne Colmarienne. D'abord le club, les SRC, pour lui rendre une partie de ce qu'il lui donne. « Je nagerai jusqu'au 15 novembre, je ferai les interclubs avec les valides, et le challenge Marco Diener. Puis je me reposerai un peu, avant de remettre cela en vue des jeux paralympiques » Sydney 2000. Un énorme objectif pour une énorme ambition. Après New York, Séoul et Atlanta (où elle a remporté 6 fois l'or). Après ces mondiaux des Antipodes, où la Mark Spitz de la natation handisport a conquis 8 médailles, 6 d'or et 2 de bronze, plus une première place au 100 m brasse, où elle a amélioré 4 de ses records du monde, la mère de famille, la battante, la porte-parole du sport pour handicapés, veut nager toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus haut. Comme tous les sportifs. « Dans l'avion, j'ai voyagé avec les athlètes. J'ai découvert Blandine Bitzner. J'y ai puisé d'autres sources de motivation. Je vais travailler dur, car la concurrence s'améliore énormément en quantité et en qualité. A moi de les décourager mentalement. » Pour que dans 2 ans, au retour d'Australie, la famille élargie à nouveau éclaire la spontanée haie d'honneur.

jpm © Dernières Nouvelles D'Alsace,

Click here to print this page